Eglise St Martial

de Cancon ...

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Historique

La paroisse de Cancon fut fondée au début du 12ème siècle par Aldebert - évêque d'Agen de 1118 à 1128 - et placée sous le patronage de Saint Martial, évêque de Limoges au 3ème siècle. L'église actuelle est la troisième en un siècle!    

1° église

En effet ,il subsiste dans le Quartier haut de Cancon des vestiges d'une église ancienne (déjà réparée en 1524 par Jehan de Verdun, Seigneur de Cancon).En 1903, comme elle menaçait de s'écrouler, on en retira la grosse cloche qu'on plaça au sol, près de la nouvel1e église. Dans la soirée du 22 décembre 1906,le clocher de cette ancienne église s'effondrait, sans blesser personne. Son horloge est maintenant au fronton de la mairie.  

2° église  -

En 1879 commença, à la place de l'église actuelle, la construction d'une église neuve, de genre gothique. Lés 'travaux furent longs, puisqu'elle ne fut inaugurée que le 16 avril 1903. Mal construite, sans fondations, elle se dégrada très vite, se lézarda, et fut par sécurité interdite au culte en 1966, puis démolie en 1974. Pendant quelques années, il fallut se contenter de la salle paroissiale voisine.

3° église

La première pierre de l'actuelle église fut posée le 12 décembre 1975, l'abbé Pierre Bit étant curé, et le 27 mars 1977, Mgr Saint Gaudens, évêque d'Agen, vint en consacrer l'autel et en bénir les cloches.

M..lmbert, de Marmande, est l'architecte de cette nouvelle église, réalisée par les artisans locaux. L'intérieur fut aménagé suivant les conseils du Père Jérôme, moine bénédictin de l'abbaye d'En-Calcat, et de M.Jean-Claude Izard, auteur de l'autel et des vitraux. Ses fondations sont sérieuses; depuis le roc, des piliers reliés par une ceinture de béton armé montés sur un puits en béton. 

Eglise d'après le Concile, elle refuse le triomphalisme et se veut d'un extérieur humble et discret: avec 20 mètres de large et 6 mètres de haut, ses proportions sont presque inverses de celles de la précédente église! L'intérieur, lui, cherche à être beau, accueillant, priant: image de ce que veut être l'Eglise aujourd'hui.

Le clocher est sur le porche d'accueil et abrite trois cloches :

- Marie-Josèphe-Martial (600 kilos), celle de l'église ancienne, sonne le Fa dièse, et porte l'inscription : "L'an 1519,Jehan de Verdun , Seigneur de Cancon , et ses habitants ont fait faire cette cloche";

- Marie-Claire-Martia1( 315 kilos) , sonne le La dièse, et porte : "Je chante à la gloire de Dieu" ;

- Marie-Ange-Martial (445 kilos), sonne le Sol dièse et porte : "J'appelle les hommes à la paix, à l'union et il la prière".                        .

Ces deux dernières ont été coulées par Cornille et Havard à Villedieu les Poë1es.

l'intérieur

Alliant aux matériaux d'aujourd'hui (les poutres sont en béton) des matériaux "nobles" de toujours (pierre, brique, bois) ,1'église, qui contient 350 places assises, a la forme d'un éventail centré sur l'autel : les bras de Dieu sont toujours ouverts à ses enfants! En franchissant le portail d'entrée , on est un peu surpris de devoir se tourner d'un quart de tour pour faire face à l'autel; ce geste matérialise la conversion à laquelle Dieu nous appelle. De l'entrée aux marches du chœur, la dénivellation est de 50 centimètres, et il n’y a pas de piliers intérieurs; ainsi ,de partout , l'autel est bien visible. Les bancs des fidèles sont un peu tournés les uns vers les autres; à la table du repas pascal, les membres d'une même famille ne s’ignorant pas.

Les vitraux sont de M.Jean-Claude Izard, sauf celui de droite en entrant, oeuvre du Père Denis, de l 'abbaye d'En-Calcat, dont les couleurs chaudes expriment un chant de joie. Celui du chœur , en triangle, orienté à l'est, suggère le Christ, soleil levant, lumière des nations. Toutes ses teintes se retrouvent, dans les formes arrondies du vitrail de gauche, pour signifier le monde en attente du Christ. Au-dessus du baptistère, l'eau du baptême ruisselle en taches bleues, longilignes, issue du don de l 'Esprit , flamboiement rouge. La sacristie est éclairée par un vitrail mauve et blanc, fin, discret.,

Le choeur

L'autel, en pierre du Gard comme le bénitier, le baptistère et l'ambon, pèse p Jus de 2 tonnes; il contient des reliques de Sainte Foy et de Sainte Victoire. Son socle sculpté porte une croix, face au célébrant ,et, face aux fidèles, évoque le chaos originel sur lequel planait l'Esprit (Genèse), ou les ossements desséchés auxquels Dieu redonne vie (Ezechiel) : le sacrifice du Christ, actualisé lors de la messe célébrée ici, redonne vie et sens à notre chaos. 

Les panneaux du baptistère représentent: une colombe; encadrée par des volutes (l'eau le souffle de l'esprit) ; deux arbres (l'un portant des fruits, l 'autre non); le serpent; les visages d'un couple; un chandelier. Toutes tes images évoquent la chute originelle et l'entrée dans la vie de l'Esprit par le Baptême.

La sculpture de l'ambon évoque la Parole, le souffle de l'Esprit.

La porte en bronze du tabernacle montre le Buisson Ardent , feu de la présence de Dieu , de son amour fou pour l'humanité.       

Derrière le baptistère est une très belle pietà (classée) , Notre- Dame de Pitié, offerte en 1524 par Jehan III de Verdun qui, en faisant réparer l'église, abîmée depuis la guerre de Cent Ans, lui fit adjoindre une chapelle dédiée à la Vierge, pour laquelle il avait une grande dévotion. C'est à la protection de Marie que Mgr de Mascaron, en 1685, attribua la fidélité à la vraie foi de la paroisse, qui traversa les guerres de Religion en restant toujours catholique.

Alors que la pietà rappelle la mort de Jésus, la Croix qui domine l'autel ne porte pas le Crucifié, mais des ornements de céramique : c'est la croix glorieuse du Christ ressuscité .Avec la pietà et la Croix, la mort et la résurrection du Seigneur  sources de la vie nouvelle, entourent le baptistère.

la nef

Les appliques de céramique accrochées aux murs latéraux diffusent ,une lumière indirecte, très douce, favorisant le recueillement. Cinq d'entre elles portent une phrase tirée de l'Ecriture; Saint Martial, patron de la paroisse, est représenté sur le mur de droite; face à lui , sur le mur de gauche, les pains et les poissons de l'Evangile annonciateurs de l'Eucharistie. Sur l 'applique du fond, un soleil naïf aux yeux en forme de paissons rappelle aux fidèles sortant de l'église Qu'ils ont à porter au monde l'espérance du Salut.

A la sortie, la grande sculpture de bois (plus de 300 kilos!), accrochée au mur du fond, est la barque de Pierre, l'Eglise, dans laquelle nous sommes embarqués: plus saisissante encore la nuit, à la lumière électrique tamisée, ballottée par la tempête, mais soulevée par le souffle de l'Esprit, elle semble pourtant sûre de son cap : Le Sauveur n 'est- il pas avec nous jusqu 'à la fin des temps? 

Texte rédigé par les membres de la paroisse

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